La Fiesta du cheval et du taureau, pourtant labellisée 26ecentenaire, a été interdite par la Ville, hier, provoquant la colère des "aficionados".


Les réactions à cette interdiction...


Ce devait être la fête autour d’une course à la cocarde, comme il s’en produit 800 par an en Camargue, à 50 kilomètres à peine de la cité phocéenne... La première fiesta du cheval et du taureau de Marseille, prévue de longue date par l’association Arte y Toro et la Fédération française de la course camarguaise, n’a été en fait qu’un simulacre, en raison de l’interdiction proférée par la Ville vingt-quatre heures seulement avant la tenue de la manifestation, sur un terrain du port autonome, à proximité des Docks des Suds (2e arr.). 350000 francs investis en pure perte...
L’annulation a soulevé incompréhension et colère de tous ceux qui s’étaient donnés pour mission de faire découvrir les traditions provençales et la course à la cocarde aux Marseillais. Beaucoup l’ont interprétée comme une "reculade peu glorieuse" de la Ville face aux anti-taurins.

Taureaux en octobre?

Pour Daniel Saint-Lary, président d’Arte y Toro, "l’interdiction du maire est inique. La fiesta a été labellisée 26e centenaire et a reçu, fin mai, 90000 francs de subvention de la part des conseillers municipaux! Et en plus, Jean-Claude Gaudin se targue d’être le défenseur de la Provence et de ses traditions...".
Selon Jean-Claude Gondard, secrétaire général de la Ville, "il y a bien eu une subvention pour la fiesta au titre du 26e centenaire, mais il ne devait pas y avoir de démonstration de course de taureaux. Si Arte y Toro avait modifié le contenu de la manifestation, la commission de sécurité aurait donné son aval et la fiesta aurait eu lieu. La position de la Ville était claire dès le début: le maire ne voulait pas de courses de taureaux, jugeant que cela ne faisait pas partie des traditions marseillaises".
Gérard Granier, ganadero, n’en revient pas: "Quand j’avais 20 ans, j’ai organisé, avec d’autres, quantité de spectacles taurins à Marseille". Hervé Chérubini, maire de Saint-Rémy-de-Provence et conseiller général PS, se dit "choqué par l’attitude de Jean-Claude Gaudin", alors que Patrick Mennucci, conseiller municipal et régional PS, dénonce "un manque total de respect des traditions". Et Daniel Saint-Lary de promettre, en risposte, qu’"il y aura des taureaux aux Docks en octobre, avec une grande manif des défenseurs des traditions devant la mairie".

 

Laurent Léonard