Le Statut fiscal des organisateurs de corrida a été modifié par une instruction du 15 septembre 1998, à partir du premier janvier 2000


Sous couvert du statut associatif, les organisateurs de corridas étaient jusqu'à présent exonérés de TVA sur les recettes de 6 manifestations annuelles. Bien entendu, les périodes de féria ne comptant que pour une seule manifestation; cette exonération permis de substantielles économies dans le budget "fêtes" de certaines municipalités comme Vic Fezansac, Dax et Mont de Marsan

 

A partir du premier janvier 2000, les organisateurs de spectacles taurins doivent s'acquitter de la TVA au taux maximum de 20.6%, de la taxe professionnelle et de l'impôt sur les sociétés lorsque leurs recettes dépassent 250 000 francs par an. A la grande surprise des municipalités qui pensaient encore pouvoir bénéficier du régime de faveur! Le club taurin de Vic a ainsi été contrôlé et mis à l'amende. Le seul moyen restant au milieu taurin : la régie municipale qui peut être exonérée de la TVA sur les recettes pour des activités culturelles ou de bienfaisance ( à condition de ne pas créer de concurrence déloyale avec les villes taurines voisines). Enfin, chaque journée de corrida est désormais égale à une manifestation.

 

Conséquences pour les spectacles taurins: certains continueront vraisemblablement à être exonérés. Il s'agit des corridas à faible recette (novilladas, Bécerrades). Si le seuil de 250 000 francs est dépassé, on estime à 50 000 francs le montant de l'impôt dont devront s'acquitter les organisateurs. Pour les grandes corridas, les sommes seront beaucoup plus importantes (entre 1 million et 4 million de francs). Dans certains cas, la ville (Dax l'a fait savoir…) portera la main à la poche. Dans d 'autres , le nouveau régime fiscal aura une répercussion sur le prix des places.

 

Du côté des afficionados, on estime que le nouveau statut fiscal touche aux fondations même de la tauromachie française (l'existence des éleveurs pourrait même être remise en cause). Ainsi, la TVA payée par les éleveurs passerait de 5.5% à 20, 6%, augmentant de 15% le prix des bêtes. Cela pourrait, aux dires des professionnels remettre en cause leur statut d'agriculteur. Les éleveurs se trouveraient directement en concurrence avec les éleveurs espagnols qui, eux, payent la TVA à un taux réduit de 7%.

 

Soyons vigilant : Même si les mesures prises auront pour effet d'augmenter le déficit de nombreux spectacles taurins, elles pourraient du même coup donner une nouvelle légitimité à la tauromachie française.